Jeudi 17 décembre 2009
4
17
/12
/2009
19:48
«Je le dis à nos amis africains: si nous n'avons pas d'accord, vous serez les premières victimes», a déclaré Nicolas Sarkozy, ce jeudi à Copenhague.
Photo : AFP.
17/12/2009 - 11:11 - www.nordelcair.fr
La secrétaire d'État auprès du ministre de l'Écologie est arrivée mardi à Copenhague avec Jean-Louis Borloo. La Valenciennoise Valérie Létard vit depuis au rythme de l'effervescence du
sommet. Et veut croire en un accord ambitieux.
Valérie Létard est à Copenhague avec Jean-Louis Borloo. Ph. Archives/Nord éclair
Le compte à rebours est désormais entamé avant la fin du sommet de Copenhague vendredi. Chez les dirigeants, le pessimisme semble de mise. Le
partagez-vous ?
>> Il y a eu cette vague de pessimisme suite au départ des pays africains, mais aujourd'hui (hier), il y a eu ces interventions du président sénégalais Wade et du président éthiopien
qui ont été très applaudis. On n'a pas le droit d'être pessimiste, on doit aboutir. La France y met toute son énergie. Obama a dit tout l'intérêt qu'il portait au fast start (le financement à
court terme pour les pays pauvres, ndlr). Ce sont des positions encourageantes. Ça monte en puissance. Il y a encore 48 heures (de sommet). L'espoir est revenu avec la prise de parole de
l'Afrique. Il faut plus que jamais être déterminé à avancer.
Les États-Unis et la Chine, qui représentent la moitié des émissions mondiales de CO2 ont pourtant déjà averti qu'ils ne reverraient pas leurs objectifs annoncés d'émissions. À quoi sert-il
de négocier alors ?
>> Encore une fois, il reste 48 heures. Il faut tenir compte des réalités de chacun et dans ce domaine, les États-Unis ont dix ans de retard sur l'Europe. Le but, c'est que chacun avec
sa réalité puisse fournir un effort pour un objectif qui doit converger à terme. À quel rythme, c'est tout l'objet des discussions. Il y a aussi la question du financement sur laquelle, petit
à petit, les choses s'organisent. Ce sont autant d'éléments d'un puzzle. Il faut mettre à profit ces 48 heures qui restent.
Parlons de la position européenne : l'Union s'est engagée sur le financement à court terme, mais rien sur le long terme. N'est-elle pas un peu timorée ?
>> Là aussi, la France essaie de pousser. Il y a eu cet appel de la France et de l'Éthiopie, représentant l'Afrique, qui se prononce pour une aide additionnelle post-2012 pour les pays
pauvres. L'Union européenne, c'est plus compliqué : il y a 27 pays, il faut trouver un consensus.
Concernant les émissions de gaz à effet de serre, l'Union s'est engagée sur une réduction de 20 %, voire 30 % en cas d'accord ambitieux. Pourquoi pas 30 % tout de suite ? L'Europe montrerait
ainsi l'exemple...
>> Quand on part dans de telles négociations, il faut aussi montrer qu'on ne peut tout attendre de certains. 30 % si ça aboutit, c'est quand même un signal fort pour les autres pays
industrialisés, pour qu'ils se mobilisent tous.
La France est active. Il y a eu cet appel avec l'Afrique mardi, cette réunion mercredi avec les pays du bassin du Congo. Ce genre d'initiatives pèse-t-il vraiment dans les négociations ?
>> Cette initiative, toute la préparation sur le plan justice climat, tout ce travail prenant en compte la spécificité de chaque pays... je pense que c'est de nature à renforcer le
poids des États d'Afrique. Le soutien de la France à ce moment-là, c'est important.
Et s'il devait ne pas y avoir d'accord à Copenhague...
>> Les yeux du monde entier sont braqués sur Copenhague. Je suis bien incapable de vous dire ce que sera l'accord. On va devoir se battre pour qu'il soit le meilleur possible.
Jean-Louis Borloo se bat depuis des mois, le président Sarkozy est mobilisé. Bien sûr, ce n'est pas la France qui va changer le monde. Les États doivent être responsables. Nous, on aura
assumé notre responsabilité jusqu'au bout. L'effervescence bat son plein ici, les pays du monde s'expriment. Tous ont le même souci au fond. J'espère qu'on y arrivera ; en tout cas, on y
croit !w
PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE HODEY
Par Guillaume Lesourd
0
-
Recommander